Le président de la Fédération malienne de football (Femafoot), Mamoutou Touré «Bavieux», a animé une conférence de presse, jeudi 23 janvierau siège de la fédération.

Un seul point était à l’ordre du jour de cette rencontre : le report de l’Assemblée générale extraordinaire (AGE) qui était initialement prévue le 26 janvier et qui avait été convoquée pour la mise en place des commissions indépendantes de la Femafoot.

Dans son exposé liminaire, le président de la Femafoot a indiqué que le report des assises fait suite à une correspondance de la FIFA qui avait été saisie par la Femafoot et qui a suggéré à l’instance dirigeante du football national d’attendre la fin de la saison pour organiser l’AGE.

Le conférencier a montré la lettre de la FIFA, avant de distribuer des copies entre les journalistes.

Dans son courrier, la FIFA écrit : «Nous accusons bonne réception de la documentation reçue relative à l’organisation d’une assemblée générale extraordinaire, le 26 janvier. À cet égard, nous comprenons que cette AG aura pour seul point à l’ordre du jour des élections des commissions indépendantes sur la base des nouveaux statuts de la Femafoot adoptés le 15 juin 2019.

À cet égard, il semble qu’il existe des divergences d’interprétation par rapport au quorum devant être convoqué à ladite AGE compte tenu du vide statutaire actuel eu égard à la phase post normalisation.

Mamoutou Touré « Bavieux » président de la Femafoot

Pour lever tout équivoque par rapport au quorum, nous sommes d’avis qu’il serait judicieux d’attendre la fin des championnats de D1 et de D2, ce qui permettra de clarifier la légalité et la légitimité des clubs devant participer à la prochaine assemblée».

«Dès lors, ajoute le communiqué, afin de conserver un contexte apaisé et ainsi s’assurer de la continuité du football malien, nous exhortons le comité exécutif de la Femafoot à trouver une solution temporaire pour permettre la mise en place d’organes juridictionnels ad hoc jusqu’à la fin de la saison 2019/2020, ce qui pourra se faire en concertation avec les membres de la ligue/acteurs du football local, la décision finale revenant toutefois au comité exécutif de la Femafoot.»

Signé du directeur de la division des associations membres, Véron Mosengo-Oba, le courrier de la FIFA conclut : «Nous sommes confiants qu’en fin de saison 2019/2020, la lumière sera faite sur le quorum et la convocation d’une AGE, notamment pour l’élection des commissions indépendantes dans leur ensemble pour un mandat complet, pourra se faire dans un contexte plus serein.»

Le président de la Femafoot a précisé que c’est après réception de cette correspondance, que le comité exécutif s’est réuni et a décidé de reporter l’AGE du 26 janvier.

«On le fait pour le Mali, on le fait pour le football malien, on le fait parce qu’on ne veut plus de problèmes dans notre football, ce qui s’est passé doit servir de leçon pour tout le monde», insistera le conférencier, avant de revenir sur les démarches effectuées par le comité exécutif concernant la mise en place des commissions indépendantes.

«Trois jours seulement après l’élection de notre comité exécutif, le Djoliba a envoyé une lettre à la FIFA pour attirer son attention sur la mise en place des commissions spécialisées.

Quand nous avons pris fonction, nous avons discuté de ce problème dès notre première réunion. Comme le CONOR avait déjà joué deux journées du championnat national, nous avions deux options pour régler ce problème, soit surseoir au championnat national en attendant la mise en place de ces commissions ou mettre en place des commissions ad’hoc qui gèrent le reste du championnat.

Je suis allé voir Moussa Konaté (président du COB et membre influent du Collectif des ligues et clubs majoritaires, ndlr) pour lui faire la deuxième proposition mais, il l’a rejeté.

Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Arouna Modibo Touré, m’a demandé de rencontrer le collectif pour qu’ensemble, nous puissions trouver un terrain d’entente. Quand on s’est réuni, ils ont fait des propositions qui n’étaient pas de notre compétence» a expliqué Bavieux.

«Le 29 décembre 2019, poursuivra-t-il, nous avons reçu une pétition de quelques clubs pour la convocation de l’Assemblée générale extraordinaire. Il se trouve que parmi ces clubs signataires, certains clubs ne font plus partie du collège électoral. Si on enlève ces clubs, les autres n’ont pas la majorité pour convoquer une assemblée générale extraordinaire.

En plus, il y avait un autre problème, c’est l’absence d’une commission électorale chargée d’organiser l’élection. Comme ils voulaient coûte que coûte cette AGE ait lieu, nous avons expliqué le problème à la FIFA qui nous a autorisés à transformer le secrétariat général de la Femafoot en commission électorale.

Le camp adverse s’est opposé à cela aussi. Suite à ce blocage, nous avons décidé d’écrire à la FIFA pour demander un report de l’assemblée générale. Et c’est hier (mercredi 22 janvier, ndlr) que la FIFA nous a répondu, elle autorise le report de l’AGE et ce, jusqu’à la fin de la saison.»

24h avant la conférence de Bavieux, le Collectif des ligues et clubs majoritaires avait également rencontré la presse sur le même sujet, à savoir l’organisation de l’AGE. L’instance dirigeante du football mondial a donc renvoyé les deux parties dos à dos. Du moins jusqu’à la fin de la saison.

La contestation du CLCM

24heures auparavant, les membres du Collectif des ligues et clubs majoritaires (CLCM) de la Fédération malienne de football (Femafoot) ont animé une conférence de presse au Quartier général du collectif, à l’ACI 2000.

Cette rencontre avec les médias a tourné essentiellement autour de l’assemblée générale extraordinaire de la Femafoot, qui était prévue dimanche 26 janvier, au Centre international de conférences de Bamako (CICB).

Les Membres du Collectif des ligues et clubs majoritaires

D’entrée de jeu, l’un des conférenciers, Boubacar Monzon Traoré dira que l’Assemblée générale extraordinaire pour l’élection des membres des commissions indépendantes de la Femafoot a été irrégulièrement convoquée, ajoutant que le CLCM «est inquiet parce que ces irrégularités risquent de plonger le football malien dans une nouvelle crise».

Pour la convocation d’une assemblée générale extraordinaire élective, appuiera de son côté Abba Mahamane, «les dispositions de l’article 45 stipulent que toute assemblée générale élective, qu’elle soit ordinaire ou extraordinaire, doit respecter un certain nombre de délais. La convocation doit être notifiée 90 jours avant à tous les membres de la fédération. Malheureusement, le comité exécutif a préparé l’assemblée générale extraordinaire en moins d’un mois. C’est une violation grave des textes.»

Pour lui, la Femafoot évolue sur des piliers comme un état normal : l’exécutif, le judiciaire et le législatif.

«L’exécutif a été mis en place, le 29 août dernier, mais il manquait le judiciaire. Nous avons écrit au comité exécutif à plusieurs reprises et informé qui de droit, de l’impasse et de ce qui pouvait advenir. Ils (les membres du comité exécutif de la Femafoot) ont mis en place, une commission ad hoc électorale et d’appel des élections.

Dans l’article 73.1 des statuts, une commission ad hoc est une commission rattachée et qui rend compte au comité exécutif. Son règlement est déterminé par le comité exécutif. La commission électorale est une commission indépendante et elle ne peut pas être rattachée au comité exécutif (article 86 des statuts).

L’article 76 évoque l’incompatibilité du secrétariat général, mais le comité exécutif a érigé le secrétariat général en commission électorale et en commission d’appel des élections», a critiqué Abba Mahamane.

Concernant l’appel à candidature, enfoncera-t-il, «la date de l’appel à candidature et le délai de dépôt des dossiers ne dépassaient pas quatre jours alors que l’article 1 du code électoral précise qu’il faut donner suffisamment de temps aux candidats de pouvoir trouver les documents afférents à leurs dossiers de candidature.

Le comité exécutif a trouvé une alibi pour convoquer un collège électoral différent de celui qui a procédé à sa mise en place. Ils ont convoqué un collège de 94 membres : les 23 clubs de 1ère Division (2 voix), les 9 clubs champions des ligues (2) et les ligues (3 voix). Concernant les clubs champions des ligues, ils ont changé toutes les équipes qui étaient présentes lors de l’élection du comité exécutif. La liste des équipes de ligue 2 est basée sur le néant. Ce sont les dispositions transitoires qui doivent s’appliquer.»

Pour Modibo Coulibaly, membre lui aussi du CLCM, cette assemblée générale extraordinaire sera tout simplement annulée. «Nous dénonçons cette assemblée générale parce que nous savons et ceux qui sont en train de préparer la rencontre savent qu’elle sera attaquée et annulée. L’argent du football malien qui va être utilisé pour organiser cette assemblée, peut servir à autre chose», a martelé Modibo Coulibaly qui n’écarte pas totalement l’hypothèse d’une participation du collectif à la rencontre.

Il ajoutera que le collectif a fait des propositions au comité exécutif qui n’ont pas été prises en compte. «Si le comité exécutif avait examiné ces propositions, l’assemblée générale extraordinaire allait se tenir sans problèmes», a assuré Modibo Coulibaly.

Plusieurs autres membres du CLCM étaient présents à la rencontre, dont Mamadou Dipa Fané, le président du collectif, Mohamed Alassane, le secrétaire général d’Attar club de Kidal, Youssouf Koné «Pélé», le directeur technique du Mamahira de Kati et le président délégué du CSK, Karim Ballo.

Source : L’Essor 

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