Sébastien Migné, Ibenge, Renard, Seedorf, Baxter, Aguirre… Sur le continent africain, la valse des sélectionneurs connaît sans surprise un rythme effréné, au sortir de la CAN-2019. Voici les dix techniciens qui ont quitté le navire en moins d’un mois.

Trois semaines après le coup de sifflet final de la CAN 2019, conclue sur le sacre de l’Algérie, la traditionnelle valse des sélectionneurs bat son plein. Pas moins de onze sélectionneurs ont quitté leur poste, parmi lesquels de grands noms du continent. Sportsmali vous propose une petite revue d’effectif.

• Sébastien Migné  (Kenya)

Entre le Kenya et Sébastien Migné, c’est terminé ! Ce lundi, la Fédération de football du Kenya (FKF) a annoncé le départ de son sélectionneur français «d’un commun accord». Nommé en mai 2018, l’ancien adjoint de Claude Le Roy aura effectué un passage réussi sur le banc des Harambee Stars qu’il a qualifiés pour leur première CAN depuis 15 ans (élimination au premier tour malgré la victoire 3-2 contre la Tanzanie). Il venait en revanche d’essuyer une élimination précoce avec la sélection locale dans les éliminatoires du CHAN 2020.

«A la suite d’une réflexion engagée après la CAN avec mes dirigeants, nous avons conclu qu’il était préférable de cesser notre collaboration», a expliqué le technicien dans un communiqué publié sur sa page Facebook. «En effet, l’objectif initial de qualifier l’équipe à la CAN ayant été atteint, il s’agit pour moi de me fixer de nouveaux défis professionnels, quand la FKF se doit, elle, d’actionner de nouveaux leviers motivationnels pour confirmer sa progression.»

Il s’agit du 11e changement de sélectionneur (sur 24) depuis la fin de la CAN 2019.

• Florent Ibenge (RD Congo)

Après quatre années passées à la tête des Léopards, Florent Ibenge a fini par jeter l’éponge. Démissionnaire, le coach à la double casquette – il entraîne aussi l’AS Vita Club – a fait les frais d’une ambiance délétère au sein de la sélection, couplée à des résultats en berne.

Qualifié malgré un parcours très cahotique en poule, la RD Congo a quitté l’Égypte dès les huitièmes de finale, battue par un surprenant Madagascar. Suffisant pour faire oublier la belle médaille de bronze de 2015 et les quarts un peu moins probants de l’édition 2017. Il a finalement quitté son poste le 7 août 2019.

• Javier Aguirre (Égypte)

Son avenir n’aura pas fait l’ombre d’un doute. Au lendemain de l’élimination historique de l’Égypte en 8es de finale de la CAN 2019, le sélectionneur mexicain Javier Aguirre a été évincé, tout comme l’ensemble de son staff technique.

Un coup de balai qui a également touché plusieurs membres d’une fédération qui aura essuyé, en cet été 2019, l’un des pires camouflets sportifs de son histoire.

• Hervé Renard (Maroc)

L’emblématique Hervé Renard, double-champion d’Afrique avec la Zambie (2012) puis la Côte d’Ivoire (2015), n’aura pas non plus résisté à l’élimination prématurée du Maroc, également balayé dès les 8es de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2019.

Deux jours après le sacre de l’Algérie, il a annoncé qu’il quittait son poste, une “décision inéluctable prise bien avant la CAN 2019”, expliquait alors le technicien. Il n’a pas tardé à rebondir, puisqu’il a été nommé depuis à la tête de l’Arabie saoudite.

• Clarence Seedorf (Cameroun)

Du côté du Cameroun, c’est entre les demi-finales et la finale qu’on a décidé de faire le ménage. Légende du football aux Pays-Bas, le coach Clarence Seedorf a été limogé par la fédération, emportant dans ses bagages son adjoint Patrick Kluivert.

Tenant du titre en Égypte, les Lions indomptables avaient eux aussi quitté la compétition au stade des 8es,vaincus par un Nigeria pourtant jusqu’alors très loin d’être emballant. Si Seedorf n’a pas encore trouvé de nouveau défi, Kluivert, lui, s’est vu confier la tête de la Masia, le prestigieux centre de formation du FC Barcelone.

• Sébastien Desabre (Ouganda)

Autre coach français frustré au cap des 8es de finale, Sébastien Desabre a également quitté son banc, non sans s’être satisfait – à juste titre – du travail accompli à la tête de l’Ouganda.

Parti “d’un commun accord” avec la fédération dans le courant du mois de juillet, il a immédiatement rebondi en se voyant confier le destin de Pyramids FC. Un nouveau riche du football égyptien qui affiche de grandes ambitions nationales mais aussi continentales.

• Stuart Baxter (Afrique du Sud)

L’Écossais Stuart Baxter. Pas franchement en odeur de sainteté au pays malgré une qualification miraculeuse pour les quarts de finale de la CAN 2019, il a baissé pavillon tout début août.

Il reste effectivement sur un bilan plus que mitigé à la tête des Bafana Bafana, avec trois défaites pour deux victoires lors du grand raout continental.

• Emmanuel Amuneke (Tanzanie)

Le bilan d’Emmanuel Amuneke à la tête de la Tanzanie n’aura pas été plus convaincant. Le Nigérian avait pourtant réussi à emmener les siens jusqu’en phase finale de Coupe d’Afrique, une première depuis 39 ans. Mais les prestations peu convaincantes des Taifa Stars en Égypte auront finalement eu raison de son scalp.

Avec trois défaites en poules et un bilan général de deux victoires, deux nuls et six défaites depuis sa prise de fonctions, il a vu son contrat mis à terme par les instances nationales courant juillet.

• Paul Put (Guinée)

L’été africain a également été fatal aux ambitions de Paul Put. Victime comme beaucoup d’autres des 8es de finale, le globe-trotter belge a été destitué de son poste par le président de la Fédération guinéenne, Mamadou Antonio Souaré.

En cause, l'”insuffisance de résultats”, mais aussi l'”élimination consécutive à un climat de méfiance cré (sic) et entretenu par le coach entre les joueurs et le staff technique”, apprenait-on alors dans le communiqué publié par le dirigeant, à la mi-juillet. Ambiance.

• Sunday Chidzambwa (Zimbabwe)

Moins en vue que la plupart des autres sélectionneurs cités plus haut, Sunday Chidzambwa a lui-aussi fait les frais de la CAN 2019. Nommé à la tête du Zimbabwe en 2017, il a fait le service minimum en qualifiant les Guerriers pour la phase finale. Mais son parcours en Égypte n’a pas franchement plaidé en sa faveur.

Un point en trois matches, mais surtout un très lourd 4-0 encaissé face à la RD Congo. Une correction qui a sans doute scellé son sort, puisqu’elle constitue à ce jour le pire revers zimbabwéen dans l’histoire de la Coupe d’Afrique. Suffisant en tout cas pour que la fédération accepte sa lettre de démission avec effet immédiat, à la fin du mois de juillet.

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