L’Essor: Quels commentaires vous inspire la pratique du sport dans les espaces publics?

Bamodi Simaga : L’activité physique, c’est un niveau élevé des fonctions de l’organisme, surtout les fonctions musculaires. L’activité musculaire, ce sont des mouvements cordonnés, volontiers à un niveau élevé comme si vous appuyez fort sur l’accélérateur du moteur de l’organisme. Forcément, il aura besoin d’oxygène.

L’air atmosphérique étant pollué dans les villes à forte densité de population avec émission de gaz à effet de serre, il est conseillé de faire des activités physiques à des endroits où la production de ces toxines est beaucoup plus importante. Quand on pratique du sport, on a besoin de respirer amplement, on a besoin de beaucoup d’air et on inhale l’air avec de la toxine, ces toxines vont dans le sang, dans les poumons, dans le cœur et dans les vésicaux.

Cela endommage le système cardio-respiratoire et le système cardiovasculaire. Il faut certes pratiquer le sport pour diminuer la masse pondérale, pour éviter le diabète et les maladies cardiovasculaires, mais en pratiquant le sport dans le milieu pollué, on s’expose davantage à des maladies cardiovasculaires.

L’Essor: Que conseillez-vous aux personnes qui pratiquent le sport dans ces espaces ?

Bamodi Simaga : Il faut encadrer la pratique du sport. Il est conseillé de pratiquer le sport dans les espaces verts, comme le Parc national qui est peuplé d’arbres et d’arbustes qui contribuent beaucoup à la désintoxication de l’aire atmosphérique. Mais je vois des gens pratiquer le sport le long des axes routiers, là où il y a beaucoup de trafic de véhicules qui produisent du gaz et des toxines. Quand on inhale ces toxines, cela peut causer d’autres maladies ou réveiller des maladies dormantes.

Ainsi, en cherchant à faire du sport pour prévenir certaines maladies, on peut s’exposer à d’autres maladies. Les endroits ne manquent pas à Bamako pour faire du sport. Il y a des espaces publics aménagés pour faire du sport, notamment le stade Modibo Keïta, où on peut pratiquer n’importe quel sport.

Le gros problème aujourd’hui, c’est la pratique du sport dans un milieu pollué. Là, les risques d’inhaler des toxines sont élevés. Les particules d’hydrocarbure, les éléments chimiques qui sont dans l’aire entrent par les voies aériennes et passent dans les poumons, avant de se retrouvent dans le sang.

Ils peuvent interagir avec les vésicaux, diminuer les calibres des vésicaux et provoquer une augmentation de résistance vasculaire pulmonaire ce qui provoque une hypertension artérielle hystérique. Quand on pratique le sport, on a besoin de l’air, c’est donc déconseillé de porter le cache-nez.

Interview réalisée par Boubacar KANTÉ

source: L’Essor

NB : Dr Bamodi Simaga est Maitre-assistant à la Faculté de médecine et d’odontostomatologie à l’Université des sciences de technique et de technologie de Bamako.

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