La discipline a été lancée au Mali en 2018. C’est une lutte qui intègre la boxe et le lutteur peut à la fois donner des coups et recourir au corps à corps pour terrasser son adversaire. 

La deuxième arène de lutte traditionnelle avec frappes (LUTAF) est opérationnelle. Elle a été inaugurée samedi dernier par l’Association malienne de lutte traditionnelle avec frappes qui a été portée sur les fonts baptismaux en 2018.

La cérémonie qui s’est déroulée sur le terrain Chaba Sangaré de Lafiabougou a mobilisé une foule des grands jours. Du maire de la Commune IV, Adama Bérété, à l’ambassadeur du Sénégal au Mali, Birame Mbagnick Diagne, en passant par le président de l’Association de lutte traditionnelle avec frappes, Oumar Keïta, et les chefs coutumiers, les invités sont venus nombreux pour assister à l’événement.

Une mobilisation saluée par le président de l’Association malienne de lutte traditionnelle avec frappes, Oumar Keïta qui a avoué qu’il ne s’attendait pas à voir autant de monde pour le lancement de la discipline à Lafiabougou.

«Cette arène est la deuxième, après celle de Sébénicoro, je suis content et fier de voir tout ce beau monde ici. J’adresse mes sincères remerciements au parrain de l’événement, Adama Bérété, à l’ambassadeur du Sénégal au Mali, Birame Mbagnick Diagne et à tous ceux qui nous ont apporté leur soutien», a déclaré Oumar Keïta, avant d’indiquer que le lancement de la nouvelle discipline a pour objectif de contribuer au développement du sport malien et «rassembler la jeunesse du pays».

Auparavant, le parrain Adama Bérété avait félicité les responsables de l’Association pour leur initiative et invité les populations de la Commune IV à les soutenir.

«Notre Commune est fière d’abriter cet événement, au nom du conseil communal, je félicite Oumar Keïta et lui réitère notre soutien total et entier», a assuré le maire de la Commune IV.

De son côté, l’ambassadeur du Sénégal s’est réjoui du lancement de la discipline au Mali, expliquant que contrairement à beaucoup d’autres sports, la lutte traditionnelle a la particularité d’avoir ses origines en Afrique.

«La lutte traditionnelle avec frappes est un sport qui existe au Sénégal depuis plusieurs années et qui fait le bonheur de milliers de jeunes.

Le lancement de la discipline au Mali illustre les liens de fraternité qui existent entre nos deux pays», a appuyé Birame Mbagnick Diagne, avant de renchérir : «C’est un sport qui rassemble et qui est un patrimoine commun de plusieurs pays de la sous-région, dont le Mali, le Sénégal, le Niger, le Burkina Faso».

Le temps fort de la cérémonie a été, bien entendu les combats entre les lutteurs de l’écurie de Djicoroni-Para et leurs adversaires de Sébénicoro. Au total, cinq combats étaient au programme et ce sont les athlètes de Djicoroni-Para qui se sont imposés 3-2.

Le combat le plus attendu a mis aux prises Défo et Goro dans la catégorie des poids lourds. Comme c’est souvent le cas, cette confrontation n’a duré que quelques secondes, Défo envoyant son adversaire, dès la première attaque.

En fait, le spectacle a eu lieu avant le combat, avec les nombreux rituels mystiques qui sont des chants de bravoure censés galvaniser les lutteurs et pour conjurer le mauvais sort.

Samedi, il n’y avait pas les marabouts pour accompagner les lutteurs, mais le spectacle était captivant et le public a apprécié.

L’origine de la lutte avec frappes est quelque peu floue, mais on sait que c’est le Français Maurice Jacquin qui a popularisé ce sport au Sénégal.

Selon Thierno Kâ, le chargé de la discipline au sein du Conseil national de gestion de la lutte (organe qui joue le rôle de fédération au Sénégal) faire de la lutte avec frappes, c’est comme faire de la boxe, «il faut déjà apprendre à ne pas prendre de coups», explique-t-il.

Toutefois, le règlement de la lutte traditionnelle avec frappes interdit les coups sur la nuque, en-dessous de la ceinture et sur les hommes à terre.

Les spectateurs de l’ouverture de l’arène de Lafiabougou ont découvert tout ceci samedi dernier et l’Association malienne de lutte traditionnelle avec frappes promet de créer des sites dans toutes les six communes du District de Bamako. Les établissements scolaires font également partie des cibles de l’Association.

Souleymane B. TOUNKARA

Source: L’Essor

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