Essien, comme l’appellent les supporters, évolue depuis août 2019 à Oman. Dans une interview que l’ancien joueur du Réal, du Djoliba et du Stade malien nous a accordée, il revient sur sa saison avec son nouveau club
et affiche ses ambitions pour la sélection nationale. Entretien

L’Essor : Le Mali, la Libye, la RD Congo et maintenant Oman. De 2017 à cette année, vous avez beaucoup voyagé. Qu’est-ce qui explique ces mouvements ?

Idrissa Traoré : Tout d’abord je tiens à vous remercier de m’avoir donné la parole à travers votre rubrique. J’ai beaucoup entendu parler de cette rubrique, Dieu faisant bien les choses mon tour est arrivé. Pour répondre à votre question, tous ces mouvements appartiennent à mon destin. Quand j’étais en Libye, je n’ai pas eu de problèmes.
Mais j’étais malheureusement obligé de rentrer au pays à cause de l’insécurité. En RD Congo aussi, je n’ai eu aucun problème, mais c’est mon contrat avec l’AS Vita club qui est arrivé à terme. Je suis rentré au bercail, avant de venir ici en août 2019. Depuis que je suis là tout se passe bien avec les dirigeants, l’entraîneur et les supporters du club.

L’Essor : Vous avez également porté les couleurs de plusieurs clubs, le Réal, le Stade malien, le Djoliba, l’AS Vita Club de la RD Congo, Darnes SC et Shabaad Jabal de Libye, etc. On peut dire que vous avez accumulé beaucoup d’expérience. C’est plutôt rare de voir un joueur sillonner autant de pays en si peu temps. Qu’en pensez-vous ?

Idrissa Traoré : Je remercie Dieu de m’avoir donné la chance de porter tous ces maillots. J’ai appris beaucoup de choses dans ces différentes équipes. J’estime que je suis redevable à tous les clubs dans lesquels j’ai évolué. Je peux dire que j’ai acquis un peu d’expérience dans ma carrière. Je profite de cette occasion pour remercier tous ces clubs qui m’ont accordé leur confiance. Je rends un grand hommage aux trois clubs maliens : le Réal, le Djoliba et le Stade malien. C’est grâce à eux que je suis devenu un joueur professionnel.

L’Essor : Comment êtes-vous arrivés à Oman, précisément à Sohar SC et quelle est la durée de votre contrat ?
Idrissa Traoré : Je suis arrivé à Sohar en août 2019 grâce à un agent marocain. J’ai signé une année de contrat avec le club. Mais j’ai l’espoir que le club va renouveler mon contrat. Je suis d’autant plus optimiste que les dirigeants sont contents de mon travail, tout comme l’entraîneur.

L’Essor : Quelle est la situation actuelle de Sohar SC dans le championnat d’Oman ? Y a-t-il d’autres joueurs étrangers dans l’équipe notamment des footballeurs africains ?

Idrissa Traoré : Sohar est actuellement 5è du championnat avec 32 points. C’est Al Seeb (50 points) qui domine le classement devant Dhofar (45 points) et Al Nahda (34 points). Il reste 3 journées à jouer, mais pour le moment nous sommes à la maison à cause de la pandémie de coronavirus. Il y a des joueurs étrangers dans mon club. J’ai eu la chance d’avoir un autre joueur malien ici, à savoir Moussa Camara. C’est un partenaire, un frère et un ami. On s’entend très bien et on entretient de très bonnes relations. Je suis content qu’il soit là avec moi.

L’Essor : Quels commentaires vous inspire votre première saison à Sohar SC et que pensez-vous du championnat omanais ?

Idrissa Traoré : Le championnat omanais n’a pas le même niveau que les championnats européens, mais sur le plan organisationnel, il n’y a pratiquement pas de différence. Ici, les dirigeants sont ambitieux et sérieux dans le travail. Aussi, ils paient bien les joueurs. C’est l’essentiel à mon avis. Je joue régulièrement et je réalise de belles performances sur le terrain. Je n’ai pas de regrets pour avoir signé ici.

L’Essor : On sait que la compétition est arrêtée depuis plusieurs mois pour cause de crise sanitaire et que le pays est actuellement confiné. Pouvez-vous nous parler de votre quotidien en cette période de confinement ?

Idrissa Traoré : Je passe la journée à la maison. Il faut respecter les mesures barrières, édictées par les agents sanitaires. Mais chaque soir, les joueurs africains du club s’entraînent sur le terrain du club, tout en respectant la distanciation sociale. Après les entraînements, je rentre à la maison et prépare à manger. Il faut reconnaître que je suis un grand cuisinier (rires). Après, je regarde la télé et de temps en temps, j’appelle la famille au pays.

L’Essor : Parlons à présent des Aigles. Vous étiez dans la sélection nationale au mois de mars 2019 pour les matches contre le Soudan du Sud (3-0) et le Sénégal (1-2), mais vous n’avez pas participé à la CAN en juin en égypte. Comment avez-vous vécu cette situation ?

Idrissa Traoré : J’ai réintégré la sélection nationale quelques mois avant la CAN. J’ai joué contre le Soudan du Sud, au compte de la 6è journée des éliminatoires de la CAN. Le Mali était déjà qualifié et nous avions terminé en beauté devant notre public. Quelques jours plus tard, j’ai joué contre le Sénégal en amical, nous avons malheureusement perdu 1-2.

Idrissa Traoré (n° 8) rêve de participer à une phase finale de CAN avec les Aigles

C’était un bon test pour nous. Je pensais que j’allais rester dans le groupe pour pouvoir réaliser mon rêve. Malheureusement, Dieu en a décidé autrement. J’ai vécu très mal cela car le rêve de tout joueur est de participer à une phase finale de CAN. Je n’ai rien contre le sélectionneur national, ce sont des choses qui arrivent dans la vie.

L’Essor : Selon vous, qu’est-ce qui a fait que vous n’avez pas été sélectionné par Mohamed Magassouba ?

Idrissa Traoré : Bon, je ne peux pas répondre à la place de l’entraîneur. C’est lui seul qui peut répondre à cette question. Néanmoins, je suis optimiste et je pense que mon tour arrivera de disputer la CAN. En attendant, je voudrais féliciter le sélectionneur national Mohamed Magassouba pour le travail qu’il est en train de faire à la tête des Aigles. J’aime bien sa technique, sa méthode de travail. Il a fait confiance aux jeunes pour aller disputer la dernière CAN. Je souhaite bonne chance aux Aigles pour les échéances à venir.

L’Essor : Pour la Coupe du monde 2022, la sélection nationale est logée dans la même poule que le Kenya, l’Ouganda et le Rwanda. Que pensez-vous de ce groupe ? Selon vous, quel est l’adversaire le plus difficile pour les Aigles ?

Idrissa Traoré : Je pense que la poule est jouable pour le Mali. En tout cas ce que les jeunes ont démontré lors de la CAN en égypte incite à l’optimisme. Pour moi, le Mali a toutes les cartes en main pour se qualifier pour le Mondial. Parlant des adversaires de la sélection nationale, je pense que le Rwanda fait figure de concurrent le plus sérieux. Le football rwandais est bien organisé et les joueurs travaillent dans des conditions meilleures aux nôtres. Il faut beaucoup se méfier de ce pays, mais sans sous-estimer les autres adversaires. J’espère que la Fédération malienne de football va tout mettre en œuvre pour que les Aigles abordent cette grande échéance dans les meilleures conditions possibles.

L’Essor : Vous avez 29 ans, est-ce que vous pensez déjà à la retraite et à votre reconversion ?
Idrissa Traoré : Pour le moment, je ne pense pas à la retraite. Je me concentre sur le reste de ma carrière. Je souhaite jouer au moins une CAN avec les Aigles avant d’aller à la retraite. Je salue tous les dirigeants de mon club sans oublier les supporters maliens qui m’ont soutenu quand je jouais au pays et qui continuent de le faire. Mes remerciements à L’Essor et aux lecteurs du journal. Nous, expatriés, sommes fiers du travail que vous faites dans le cadre de la promotion du sport malien. Que Dieu vous garde.

Interview réalisée par Djènèba BAGAYOKO

Source: L’Essor

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