Ibrahim Maïga, vous connaissez ? Sans doute parce qu’il s’agit de l’un des sprinteurs maliens qui a marqué l’histoire de l’athlétisme national, notamment le 400m et le 400m haies. Né le 14 mars 1979 à Sareyamou dans le cercle de Diré, Ibrahim Maïga a commencé sa carrière sportive en jouant d’abord au football, comme tous ses camarades d’enfance, avant de mettre le cap sur l’athlétisme l’année de son 16è anniversaire (1995). Pourquoi a-t-il décidé d’abandonner le football, la discipline la plus populaire du Mali au profit de l’athlétisme ? «Je ne sais pas trop, c’est le destin qui en a voulu ainsi», répond Ibrahim Maïga.

Et comme le destin fait souvent bien les choses, le jeune athlète aura comme premier entraîneur Mohamed Alassane qui était à l’époque l’un des techniciens les plus réputés du pays. Ibrahim Maïga raconte : «J’ai débuté l’athlétisme en 1995 avec le coach Mohamed Alassane. Je suis resté avec lui de 1995 à 2000 et Dieu sait ce qu’il m’a donné. Après, je suis allé au Centre international d’athlétisme de Dakar où j’ai passé une dizaine d’années (2001-2010). Pour revenir à mes débuts, j’ai commencé d’abord avec le 400m plat, avant de courir le 400m haies, après mon passage à l’Institut national des sports (INS), cycle moyen. J’ai été plusieurs fois champion du Mali des 100 et 200m, du 400m plat et du 400m haies». En fait, Ibrahim Maïga a régné sur le sprint national pendant plus d’une décennie (quinze ans, selon l’ancien athlète lui-même) et il est l’un des rares sprinteurs maliens qui a participé à presque toutes les grandes compétitions d’athlétisme du monde.

«J’ai participé à deux Jeux olympiques, quatre Championnats du monde, six Championnats d’Afrique, trois Jeux de la francophonie, deux Jeux africains. Au total, j’ai parcouru 65 pays durant ma carrière. Sur le plan international, j’ai été plusieurs fois champion du tournoi de la Solidarité, médaillé de bronze du Championnat d’Afrique en 2008 en Éthiopie, médaillé d’argent aux Jeux de la francophonie en 2005 au Niger et demi-finaliste au Championnat du monde en 2007 au Japon. Concernant les meetings, j’ai eu le privilège de participer à la Golden ligue, une première dans l’histoire de l’athlétisme malien», souligne Ibrahim Maïga. En 2009, le natif de Sareyamou décide de mettre un terme à sa carrière. Dans la foulée, le champion du Mali des 100, 200 et 400m obtient une bourse et part à Dakar pour une formation d’entraîneur. Une année plus tard (2010), Ibrahim Maïga rentre au bercail avec son diplôme d’entraîneur de niveau I. Suivra une nouvelle formation, cette fois à Bamako qui sera sanctionnée d’un diplôme d’entraîneur de niveau 2.

Depuis 2011 donc, l’ancien athlète a le statut d’entraîneur de niveau 2 et dirige l’Association sportive Aminata Keïta, du nom de l’actuelle présidente de la Fédération malienne d’athlétisme (FMA), Sangaré Aminata Keïta. Ibrahim Maïga ne s’est pas contenté du diplôme d’entraîneur d’athlétisme, il a également effectué des stages de préparateur physique au Rwanda, en Algérie, en Afrique du Sud, à Djibouti et au Maroc. Résultat : il a aujourd’hui le statut de préparateur physique spécialisé et fait partie du cercle restreint des techniciens qui participent régulièrement aux sessions de la Fédération internationale de football association (FIFA). « En tant que préparateur physique, j’ai d’abord obtenu le diplôme de l’Institut national de la Jeunesse et des Sports (INJS) où j’ai été formé de 1997 à 2001 et aujourd’hui je peux dire que je suis inspecteur de sport. En 2016, j’ai été sélectionné parmi les 24 préparateurs physiques de la FIFA pour une session qui s’est déroulée en Egypte. A l’issue de la formation, on m’a décerné le prix de meilleur préparateur physique des arbitres de football de l’Afrique. Après cette distinction, la CAF m’a invité à aller former les arbitres du continent qui devraient participer à la Coupe du monde U17. Il y avait 40 jeunes arbitres et seulement 10 devaient être retenus pour la Coupe du monde. à peine revenu à Bamako, j’ai reçu une autre invitation de la CAF pour aller tester 3 arbitres de l’Ile Maurice qui avaient échoué au test de préparateur physique de la CAF. C’est dire que je n’ai pas du tout chômé après ma retraite», se réjouit l’ancien sprinteur.

Avant de devenir préparateur physique de l’équipe du Réal, Ibrahim Maïga travaillait d’abord avec la Commission des arbitres de la Fédération malienne de football. «C’est le Sénégalais Mandemba M’Backé, un expert FIFA qui forme les préparateurs physiques qui m’a recommandé à Sidi Békaye Magassa (le président de la commission des arbitres de la Fédération malienne de football, ndlr). En 2017, Ibrahim Maïga rejoint le Réal comme préparateur physique des Scorpions. «Là aussi, raconte-t-il, j’ai été recommandé à cette équipe par quelqu’un, à savoir Dr Bagna Baby que j’ai rencontré dans une salle de gym. Il a aimé ma façon de travailler et m’a conseillé au président du Réal, Dr Seydou Sow. Voilà comment je suis venu au Réal».

Depuis trois ans donc, Ibrahim Maïga occupe le poste de préparateur physique du Réal, mais parallèlement à ce travail, l’inspecteur de sport dirige également le centre d’athlétisme, l’Association sportive Aminata Keïta (AS A.K), du nom de l’actuelle présidente de la Fédération malienne d’athlétisme (FMA), Sangaré Aminata Keïta. «Avant mon engagement avec le Réal, je travaillais matin et soir avec les athlètes de l’AS A.K, mais maintenant, je me contente d’une séance par jour», explique l’ancien athlète que nous avons rencontré sur le terrain d’entraînement des Scorpions à Djicoroni-Para. Le natif de Sareyamou n’a pas non plus abandonné les salles de gym. En 2017, soit quelques mois avant de prendre les rênes de l’équipe du Réal, en tant que préparateur physique, Ibrahim Maïga avait créé une salle qu’il dirige toujours avec deux de ses camarades de promotion de l’INJS.

«Notre salle de gym a été financée par un bailleur de fonds. On a également une salle de fitness qui est dirigée par Rokia Fofana, une arbitre internationale de football. Elle travaille avec deux autres jeunes que j’ai moi-même formés. Dans cette salle, je m’occupe uniquement des clients qui viennent pour les séances de rééducation et ceux qui ont été victimes de fracture», indique Ibrahim Maïga. L’ancien sprinteur renchérira qu’aussi longtemps qu’il le pourra, il continuera à servir le sport malien.

Boubacar THIERO

Source : L’Essor

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