La plateforme « Ben bere », à travers le président de sa coordination, Abdoulaye Guindo et son comptable Amadou Konaré, a tenu une conférence de presse, le vendredi 5 octobre dernier, à ACI 2000, dans les locaux de ladite structure, portant sur la fin de cette campagne de lutte contre la soustraction frauduleuse des espaces de sport et/ou de jeu de la jeunesse, pour laquelle ils dénoncent « une faible implication des autorités ».

Depuis quelque temps, dans les milieux urbains et ruraux, les jeunes sont confrontés à une raréfaction notable des espaces de sport et/ou de jeu. Parmi les raisons du détournement de ces espaces, figure la spoliation, dans un contexte où les populations ne sont pas informées sur les dispositifs légaux de privatisation de ces biens communs.

Avec 8% de croissance annuelle, Bamako devient la ville qui croît le plus rapidement en Afrique, selon les statistiques, se traduisant par le fait que les jeunes disposent de moins en moins d’espaces. Les besoins en logement augmentent, créant ainsi une pression sur le foncier. Les maires et d’autres acteurs, habitués au  » gain facile« , versent dans la spéculation foncière en s’attaquant aux espaces de jeu.

Ces espaces de sports, dans les quartiers, ont longtemps fait office de pépinière de jeunes joueurs talentueux auxquels le pays a recours pour bâtir des équipes nationales compétitives dans diverses disciplines.

Selon Abdoulaye Guindo, C’est dans cette optique que  » Ben bere » met en œuvre, depuis juin 2019, une campagne pour souligner l’importance d’une politique de sécurisation de ces terrains.  » Les jeunes ont notamment proposé que les élus pensent à relocaliser ces espaces ou à en ouvrir d’autres complémentaires sur des terrains réservés sur le long terme« , a-t-il ajouté.

Beaucoup d’organisations ont partagé nos contenus, notamment la Fédération Malienne de Basketball, l’Association des basketteurs maliens, l’ONG française  » Sport et Développement »

Durant trois mois, la plateforme  » Ben bere  » a donc mené une campagne sur l’expropriation/spoliation des espaces de sports dans les communes du District, la région de Mopti et de Tombouctou, afin d’attirer l’attention des élus, des autorités administratives et les populations à prendre conscience de l’importance des espaces de sport.

La plateforme a procédé à la diffusion de lois portant sur la protection des espaces vert, pour inciter et accompagner les jeunes à mettre en place un mécanisme de sécurisation des espaces dans les quartiers, procéder à l’identification et à l’immatriculation des espaces de sport, y compris ceux faisant l’objet de conflit.

Démarrée le 10 juin 2019, la campagne prend fin avec cette conférence de presse pour tirer le bilan. A l’issue de cette campagne, les actions qui ont été menées sont, d’une part, 14 articles publiés ; 20 vidéos produites ; 5 Causeries-débats organisées à Bamako et à Tombouctou ; 2 débats organisés à Bamako et à Tombouctou ; une cartographie des espaces de sport de Bamako a été réalisée et un slam réalisé.

Il faut retenir, d’autre part, qu’un atelier de réflexion sur la problématique a été organisé et a enregistré la participation des agents du ministère de l’Urbanisme, de la Cellule de suivi de la politique nationale de la ville, du ministère de la Jeunesse et des Sports, de l’Union Européenne, etc. Plus de 1.500.000 personnes ont été déjà atteintes par la campagne,  » Laissez-Nous Jouer« , citée parmi les 3 meilleures campagnes web en Afrique de l’Ouest, ayant fait l’objet d’un reportage de  RFI.

Ababacar Diouf- (stagiaire)

Source: l’Indépendant

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